Le Code de la santé publique encadre les espèces dont la prolifération représente un risque pour la santé humaine. Parmi elles, la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) et la chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) font l’objet d’une surveillance nationale. Leur présence est suivie de près en raison des risques qu’elles peuvent représenter pour les personnes et les animaux. Cette surveillance permet d’améliorer les connaissances sur ces espèces et d’adapter les actions. Notamment avec la mise en place d’une plateforme de signalement des chenilles processionnaires.
Une plateforme de signalement des chenilles processionnaires
Les poils urticants de la chenille processionnaire peuvent provoquer de nombreuses réactions. De plus, leur progression constante en France a conduit les pouvoirs publics à renforcer la surveillance nationale.
Ce dispositif est piloté par FREDON France. Son objectif est de mieux comprendre l’évolution des populations, de diffuser des informations fiables et d’accompagner les collectivités, les professionnels et les particuliers dans la gestion de cette problématique.
Par ailleurs, une plateforme de signalement des chenilles processionnaires a été déployée à l’échelle nationale en 2025. Cet outil participe directement à la surveillance nationale de la chenille processionnaire. Chaque citoyen peut y déclarer la présence de chenilles, de nids ou encore de symptômes liés à une exposition.
Plus de 4 000 signalements ont déjà été enregistrés sur l'ensemble du territoire.
Toutes ces observations permettent d’obtenir une cartographie plus précise de la répartition des populations. Cela permet d’anticiper les zones les plus exposées.
Cependant, l’objectif de cette surveillance nationale n’est pas d’éliminer systématiquement la chenille processionnaire. Ces insectes jouent un rôle dans l’équilibre naturel et servent de nourriture à plusieurs espèces animales. Les interventions sont donc réalisées en fonction du niveau de risque.
Exemple
Si un nid est situé à proximité d’une école, d’un parc ou d’un lieu très fréquenté, un traitement est fortement recommandé afin de protéger le public.
Si un nid se trouve en pleine forêt, où il n’y a pas beaucoup de passage une intervention n’est pas toujours nécessaire.
Chaque situation est étudiée au cas par cas afin de préserver à la fois la biodiversité et la sécurité des usagers.
Des risques sanitaires à ne pas sous-estimer
La chenille processionnaire représente aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi la surveillance nationale permet également d’informer la population sur les risques liés à sa présence. Le principal danger provient de ses milliers de poils urticants, appelés soies. Ces derniers se détachent facilement lorsque la chenille est dérangée ou au simple contact mécanique. Très légers, ils peuvent être transportés par le vent sur plusieurs dizaines de mètres.
Ainsi, il n’est pas nécessaire de toucher une chenille processionnaire pour développer des symptômes. Les poils présents dans l’air peuvent provoquer :
- Des irritations de la peau ou des voies respiratoires,
- Des démangeaisons importantes,
- Des plaques rouges,
- Des conjonctivites
Chez les personnes les plus sensibles, des réactions allergiques plus marquées peuvent également apparaître. La surveillance nationale joue donc un rôle essentiel pour sensibiliser les habitants et limiter les situations à risque.
Les animaux domestiques sont eux aussi particulièrement exposés. Les chiens sont les premières victimes de la chenille processionnaire, notamment lorsqu’ils reniflent ou lèchent les chenilles lors d’une promenade. Les poils urticants peuvent provoquer des lésions très graves au niveau de la bouche, de la langue ou de la gorge. Une prise en charge vétérinaire en urgence est alors indispensable. Grâce à la surveillance nationale, les propriétaires d’animaux sont mieux informés des périodes de vigilance et des bons réflexes à adopter.
Pour limiter les risques, nous vous recommandons de :
- Ne jamais manipuler un nid ou des chenilles sans équipement adapté
- D’éviter les zones infestées pendant les périodes de procession
- De rester vigilant après des journées venteuses, car les poils peuvent rester présents dans l’environnement.
Une bonne information du public, associée à la surveillance nationale de la chenille processionnaire, contribue à réduire les risques pour tous.
Des solutions
Il est important de ne pas intervenir seul face à une infestation. La manipulation des nids ou des chenilles peut présenter un danger réel. Faire appel à un professionnel garantit une intervention sécurisée et adaptée à la situation.
Face à cette situation, plusieurs solutions existent pour limiter les risques. La chenille processionnaire peut être piégée grâce à des dispositifs installés sur les troncs des arbres ou faire l’objet de traitements spécifiques lorsque cela est nécessaire.
Le choix de la méthode dépend de nombreux critères, comme la localisation des nids, la fréquentation des lieux ou encore les enjeux environnementaux. Là encore, la surveillance nationale permet de privilégier les interventions les plus pertinentes.
Une progression favorisée par le changement climatique
Depuis plusieurs années, la chenille processionnaire poursuit son expansion sur le territoire français. Cette évolution fait l’objet d’une surveillance nationale afin de suivre l’apparition de nouveaux foyers et d’anticiper les risques sanitaires. L’un des principaux facteurs de cette progression est le changement climatique. Les hivers plus doux favorisent la survie des larves et permettent à l’espèce de coloniser progressivement de nouvelles régions.
En effet, la chenille processionnaire se déplace naturellement en fonction de la présence des arbres. Principalement les pins et les chênes. Mais aussi selon les conditions météorologiques. Lorsque les températures augmentent, son cycle de développement est facilité. Cette évolution explique pourquoi certaines zones jusque-là épargnées sont désormais concernées. La surveillance nationale permet ainsi de suivre cette progression et d’adapter les mesures de prévention.



